Joyeuses fêtes de Pâques ... en direct de l´ile du même nom !

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Chili - Ile de Paques
de Vanessa-Moai, le 10-04-2007

Joyeuses fêtes de Pâques ... en direct de l´ile du même nom !

Pur hasard du calendrier, mais comme vous connaissez tous mon côté un peu enfantin et ma tendance à m´émerveiller de peu, ça m´a évidemment bien amusé de me retrouver içi, si loin de tout, pour les fêtes de Pâques ! N´étant pas pratiquante, j´ai même été à la messe pour l´occasion. Un très bon exercice d´espagnol, le curé parlant tellement lentement et si clairement ! Mis à part ce côté didactique, beaucoup d´émotions et de chaleur humaine surtout pendant les chants en Rapa Nui, la langue locale.

Alors tout d'abord, quelques mots sur ces statues si énigmatiques et dont les photos ont déjà fait plusieurs fois le tour de la Terre. Ces mystérieux colosses de pierre fièrement dressés et répartis sur toute l’île. Il en reste encore près de 1000 sur l’île. Élevés en bord de mer, les yeux tournés vers l’intérieur, ils personnifiaient le culte des ancêtres de chaque clan ou tribu, protégeant leurs descendants et transmettant ainsi le mana, l’énergie nécessaire pour la survie du clan.
Sculptées dans le tuf volcanique du Rano Raraku, la carrière des moaïs, elles pouvaient peser jusqu’à 60 tonnes. Mais comment les Pascuans réussirent-ils à parcourir tant de kilomètres avec, à l’époque, des moyens techniques aussi rudimentaires ?
Plusieurs hypothèses ont été avancées : soit faire glisser les moaïs sur des rondins, eux-mêmes roulant sur des rails de bois, théorie qui expliquerait la déforestation massive de l’île à l’origine de la chute de la civilisation, soit le faire pivoter centimètre par centimètre avec l’aide de cordes. Curieusement, la tradition orale rapporte que les moaïs se dirigeaient parfois à pied vers leur ahu ! Certains moaïs portent sur la tête une sorte de cylindre de pierre rouge, le pukao. Il s’agirait de la représentation des cheveux, remontés en chignon de l’ancêtre divinisé.

Les mots vont sûrement me manquer pour décrire cet endroit si fascinant, si magique, si mystérieux, si grandiose, et à la hauteur de mes rêves les plus fous . Après plus de 5 mois de voyage (et oui ça passe vite mine de rien), et de magnifiques images en tête, je ne pensais pas qu´un endroit pourrait encore me procurer autant d´émotions.

C´est à mes yeux, le plus bel endroit de la planète. Je suis sous le charme et je crois bien être tombée littéralement amoureuse de cette île (à défaut d´un moai ou d´un être humain !!!).

Très peu de touristes, ce qui donne vraiment l´impression d´être une privilégiée, des paysages à couper le souffle, des odeurs enivrantes d´eucalyptus, un océan déchainé ( j´ai passé plus de 2h à contempler les vagues, indescriptible), des couleurs de l´automne extraordinaires, des chevaux sauvages qui broutent en toute liberté, un patrimoine archéologique fascinant, des gens extrêmement gentils (j´ai été invité un soir à un barbecue de poissons dans une famille pascuane), une visibilité inégalée en plongée sous marine (quite à être ici, je me fais vraiment plaisir, enfin ça change pas trop des autres endroits je sais !) et j'en passe.

A l’auberge de Kona Tau (qui signifie endroit magnifique en Rapa Nui), c´est de la bonne humeur tous les jours, de la musique locale en boucle, des couleurs chaudes sur les murs, un vrai coin de paradis tout simple au milieu d´un jardin tropical où poussent en toute liberté bananes et papayes . Kona Tau, c´est aussi d´inoubliables rencontres : Hugo et Dani, 2 étudiants chiliens venus passer une semaine de vacances avec leur Abuelita (mamie si vous préferez), Yan, arrivé en voilier depuis le continent chilien, Gustave, le suédois et bien d autres encore, mais moins inoubliables.

Beaucoup d´authenticité, de simplicité et de chaleur, soirées très agréables dans le patio, autour de quelques bières et empañadas, entre les rires communicatifs d´Hugo, les regards complices avec Danielita et les fredonnements de Yan à la guitare, et toujours sous le regard protecteur de Gonzalo, l´employé principal, d´une gentillesse à toute épreuve. Ambiance idéale pour progresser rapidement en espagnol. Même s´il n y a rien de tel que l´immersion complète , il faut avouer que mon cerveau avait tendance a déconnecter en fin de soirée, noyé dans un océan de nouveaux mots et de nouvelles expressions !

L´ile de Pâques est une vraie merveille de la nature. A califourchon sur mon scooter (je sais ça n´est pas très écolo tout ça mais sous le cagnard, pas le courage de pédaler), j'ai fait 3 fois le tour de l ile 3 jours de suite à différentes heures de la journée, juste pour m'en imprégner et ne jamais oublier l'odeur enivrante des eucalyptus surtout après quelques gouttes de pluie, la force incroyable de l'Océan Pacifique au travers des vagues grandioses, les couleurs dorées de l'automne exacerbées quand le soleil est rasant en fin d'après-midi, le magnifique ciel étoile loin de toute pollution lumineuse, les nombreux arcs en ciel aussi magiques qu´inattendus.

Le centre de l'ile est très vallonne, formant de belles courbes douces d'un vert éclatant alternant avec de grandes étendues d'herbes sèches roussis par le soleil et contrastant avec la côte basaltique déchirée et façonnée par la puissance des vagues du Pacifique.

A l'unique boite de nuit d'Hanga Roa, les piscola (pisco + Coca…Cola) se succèdent, les bières s'enchainent et les Pascuans complètement désinhibés (mais ont ils réellement besoin de ça pour l'être !) sont plutôt … avenant ! Enfin c'est un euphémisme. Corps a corps sensuels, regards ténébreux, déhanchements saccadés au rythme de la musique locale, même a 4000 km de toute terre habitée, la culture latine a bien élue domicile à Rapa Nui.

Ce post serait bien incomplet si je ne vous touchais pas un mot de la plongée à l'ile de Pâques. Quel souvenir mémorable cette sensation de planer dans l'immensité de la Grande Bleue. Contraste fascinant : en surface, une mer déchainée, des rafales de vent et de pluie, et une fois passé de l'autre cote du miroir, après quelques coups de palmes, c'est le calme absolu … Pirouettes avant, vrilles, galipettes, quel sentiment de liberté fabuleux que d'être en apesanteur comme un vrai cosmonaute. Mon binôme de plongée pensait même que j'étais ivre de la veille … l´ivresse des profondeurs ! Peu de poissons, des coraux assez ternes et pourtant parmi mes plus belles plongées. Difficile a expliquer, surement grâce a la visibilité incroyable et à la limpidité cristalline de l'eau. L absence de particules en suspension et la rareté du plancton en font une des particularités et des trésors des plongées à l'ile de Pâques . Quelques poissons demoiselles en pleine discussion, des muraines pensant à tort être bien dissimulées derrière leur rocher, un poisson triangle (ça ne te rappelle rien Lulu ?) en tenue de soirée et coiffé d'une magnifique crête de rockeur, d'énormes carangues sentinelles, une tortue majestueuse, un poisson vache essayant de m'impressionner avec ses mini-cornes, un vrai ballet aquatique sous mes yeux toujours remplis d'autant d'émerveillement.

Et pour finir en apothéose, journée a cheval en privilegiée avec Piti, bien plus gentil et moins bourru qu'il en a l'air. Après quelques hésitations et quelques petites frayeurs, c'est au galop que nous sommes rentrés sur Hanga Roa.

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